Le berger australien ou le berger américain miniature à Paris

En 2018, avec plus de douze mille inscriptions au Livre des Origines Françaises (LOF), le berger australien a été le chien le plus vendu en France. Preuve que la mondialisation n’est pas qu’une valeur appliquée à l’économie, elle s’applique aussi dans la cynophilie. Il porte un nom qui évoque les koalas et les wallabys mais il vient, en réalité, des États Unis.

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C’est un chien de taille moyenne qui grâce à sa tonicité et son poids léger (une vingtaine de kilos) s’est fait un nom dans les parcours d’agility. Son beau poil (noir tricolore, rouge merle, bleu merle et rouge tricolore) et sa crinière fournie poussent les passants à vouloir le caresser (une pratique à éviter). On le rencontre fréquemment à Paris mais il n’est pas certain que l’engouement dure trop longtemps compte tenu des nombreuses pathologies liés à sa race (problèmes oculaires, auditifs, dermatologiques, respiratoires,…).


Quelques bergers australiens de Paris…


On arrête pas le progrès ! Pour s’adapter à un public plus urbain, les éleveurs ont conçu le berger américain, une version plus petite du berger australien. Par le passé, le colley, roi de la série télé, a été détrôné par le shetland, un berger écossais miniature. Le futur nous dira s’il arrivera au berger australien la même aventure…

Le yorkshire terrier, vedette des trottoirs parisiens

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Le terrier du Yorkshire dessiné par Eugène Lambert en 1888

Il est assez coquasse de constater que le yorkshire qui était le chien des prolétaires du nord de l’Angleterre au XIXème siècle est aujourd’hui fréquemment dans les bras des célébrités. Chien de braconnier facile à cacher ou de mineur idéal à transporter, il est passé du peuple au « people » sans difficulté. Pour acquérir cette petite merveille à poils longs de moins de 3 kilos, il faudra donner au minimum un mois de salaire au SMIC horaire. Cela n’empêche en rien ce petit terrier d’être une vedette des trottoirs parisiens. Sa morphologie en fait un animal urbain parfaitement adapté aux transports en commun. Son museau pas trop court et son corps compact, malgré sa petite taille, permettent à ce chien de faire de l’exercice. De toute façon s’il est fatigué, il suffit de le porter…

Le bouledogue Français à Paris

toulouse-lautrec-et-son-bouledogueLe dessin d’Eugène Lambert montre qu’en 1888, il y avait déjà des bouledogues à Paris. Les plus connus étaient ceux des bouchers de La Villette. Cela valut au bouledogue français son surnom de « chien de boucher » à la fin du 19ème siècle. De nombreux artistes de cette époque en avait un (ici  Tuck le bouledogue Français et Toulouse Lautrec en 1896 ). Depuis une vingtaine d’années, c’est un chien qui est revenu en force dans les foyers parisiens.

Selon la Société Centrale Canine : « le bouledogue français est un petit chien à l’allure effrontée et vivace est puissant malgré sa petite taille. Tout en lui est court et ramassé : sa face courte et camuse, son corps bréviligne, ses membres et sa queue. Éveillé, actif, intelligent, s’intéressant à tout ce qui l’entoure, courageux et entreprenant, c’est un sportif, très musclé, doté d’une solide ossature.

Ses yeux, de couleur foncée, assez grands, bien ronds, brillants et pénétrants, à l’expression éveillée et ses oreilles droites et mobiles sont des éléments importants de son charme et de son succès.

Son poil est serré, brillant et doux. Côté couleur, toute les nuances du fauve sont admises, du rouge au café au lait. Il peut être uniformément fauve, bringé ou non, ou à panachure limitée moyenne ou envahissante.

Le poids du bouledogue français ne doit pas être inférieur à 8 kilogrammes, ni supérieur à 14 kilos. La taille, qui varie entre 25 et 35 cm, est proportionnée au poids. »

La marche en laisse dans l’avenue Jean Jaurès (partie 1)

Comme je vous l’ai dit précédemment, pour sortir mon chien dans la rue Cavendish, j’utilise une laisse plate, solide et qui ne brûle pas les mains. Je n’utilise jamais de laisse à enrouleur. J’ai rencontré un nombre important de propriétaires qui ont blessé voire tué leurs chiens avec cet engin. Des chiens qui ont traversé la rue de façon impromptue ou qui se sont retrouvés coincés dans un ascenseur…et ça, ça tue ! Dans le genre fausse bonne idée pour marcher avec votre chien en laisse, il y a aussi le collier « torquatus », ça aussi, ça fait peur ! C’est un collier avec des pointes en métal qui “mord” dès que le chien tire. Il faut le savoir : ce n’est pas parce qu’un produit est en vente qu’il est utile. C’est bien simple, je laisse tout ce matériel au musée des horreurs.

 

Pour utiliser une laisse intelligemment, il faut comprendre un principe essentiel : la laisse doit être l’instrument de votre voix. N’agissez sur elle qu’en fonction des commandements que vous avez donné à votre chien. Malheureusement, de nombreux propriétaires font les choses à l’envers. Dès qu’il ont attachés leurs compagnons, ils se contentent de le retenir et ne voient pas l’utilité de leurs donner des instructions. En revanche, dès qu’ils lâchent leurs toutous, ils les abreuvent de paroles et de consignes sans avoir de moyens de les faire appliquer. C’est le meilleur moyen pour avoir un chien qui tire en laisse et qui n’obéit jamais quand il est lâché.

Voici un petit exercice pour savoir si vous utilisez efficacement votre laisse. Lorsque vous êtes dans un endroit où vous pouvez lâcher votre chien. Demandez-lui de se mettre assis. Décrochez votre laisse puis raccrochez la. Faites-le plusieurs fois avant de lui donner un ordre libératoire comme “c’est fini”. Si votre chien est parti avant que vous ayez dit le moindre commandement c’est qu’il est plus réceptif à ce que vous faites avec votre laisse qu’à ce que vous lui demandez. Pour avoir un chien obéissant, il vous faudra donc encore l’entrainer.

Dans l’avenue Jean Jaurès, mal maitriser sa laisse c’est mettre son chien en péril. Cette voie de presque deux kilomètres a des larges trottoirs avec des arbres et des pistes cyclables. En revanche, elle n’est pas sans danger puisque que chaque jour des milliers de voitures l’empruntent à plus ou moins vive allure. C’est pourquoi, pour y promener son chien, il vaut mieux avoir une bonne marche en laisse.


Jean Jaurès (1859-1914) ne souffrait pas de trouble psychique comme le physicien Henry Cavendish honoré par la rue de départ de notre périple. Il n’était pas autiste. En revanche, il était socialiste. Rappelons ici, pour éclairer les nouvelles générations qu’à l’origine, un socialiste n’est pas un homme politique trop nourri qui fait le contraire de ce qu’il a dit pour être élu (Il n’affirme pas, par exemple, « l’ennemi c’est la finance » ou que l’augmentation de la TVA est « inopportune, injuste, infondée et improvisée » pour dès qu’il est au pouvoir augmenter les impôts des petites gens et enrichir le grand patronat avec sa loi de finance…). Comme Armand Carrel, Jean Jaurès eut un destin fatal. Le député du Tarn est mort par balle. En 1914, Ce pacifiste convaincu qui faisait tout pour éviter la guerre fut abattu par un gros vilain (Raoul Villain, plus exactement) un nationaliste favorable à l’affrontement. Pour rendre hommage à Jaurès, le gouvernement débaptisa l’ancienne « avenue d’Allemagne » pour lui donner son nom avant de se lancer dans une grande boucherie qui enrichit les marchands de canons. Un massacre qui fit 1,7 millions de morts chez les Français et 1,6 millions chez nos amis Teutons.

 

 

 

« Tapis rouge »et « tapis gris » à la librairie (de l’Avenue Jean Jaurès)

Pour réussir l’éducation d’un chien, il faut qu’il se sente bien. Quoi de mieux qu’un bon tapis douillet pour commencer son entrainement? Dans mon appartement, mes chiens ont des coussins RED DINGO épais, solides et beaux mais lorsque je pars en vadrouille, je prends des tapis fins, colorés et faciles à laver pour travailler.

Pour me déplacer dans Paris avec mes chiens, je fais du vélo. De cette façon, Paris est beaucoup plus accessible et beaucoup plus beau. Dans mon parcours autour des Buttes Chaumont, je fais quelques arrêts intéressants. Pour faire progresser un chien, Paris est une ville formidable. Je peux aller avec lui au café et dans des endroits de plus en plus compliqués. Mon passage à la librairie Texture est bien utile pour mes entraînements, ça c’est sûr !

 

Le tapis rouge va me permettre de transférer un objet que le chien connait parfaitement dans un environnement nouveau. La librairie, il ne la connait pas mais ce morceau de tissu, il le connait bien. C’est une surface sur laquelle on est toujours récompensé et félicité. J’ai ainsi plusieurs tapis, un rouge, un noir, un jaune, un gris qui sont des petits emplacements où je récompense le chien en fonction de l’ordre que je lui ai donné. Les chiens perçoivent moins bien que nous les couleurs. Ce sont des prédateurs qui ont une vision crépusculaire et une excellente perception des mouvements; c’est pourquoi nos attitudes sont aussi importantes que la couleur et la texture du tapis.

Avec Easy, ma Royal Bourbon, ma règle de conduite est simple. A partir du moment où je dis “tapis rouge” je la félicite au moment précis où elle pose ses deux pattes avant sur le tissu (peu importe qu’elle soit assis debout ou couché). L’entrainement se termine quand je donne mon ordre libératoire “C’est fini!”

Et je recommence, cette exercice dans plein d’endroits différents…


La librairie Texture au 94 de l’Avenue Jean Jaurès à Paris

 Pour faire l’exercice du tapis, la librairie Texture avait un nom prédestiné. Elle est dirigée par une femme formidable Michèle Chadeisson qui a ouvert en 2008 ce commerce de livres unique dans cette avenue. Elle fait honneur à Jean Jaurès car on trouve dans sa librairie, une multitude d’ouvrages sur la condition ouvrière, la lutte des classes et l’histoire des luttes sociales. « Texture » est aussi un repère de gens d’esprit puisqu’elle recèle, en plus des centaines de romans français ou étrangers, une multitude de recueils de poésies, une discipline aussi importante que les ouvrages d’économie.  Les chiens bien éduqués y sont les bienvenus, autant que les enfants qui y trouveront dans ces étagères une multitudes de BD, de romans captivants et de livres jeunesse. Bref ! Parole de Lambert ! Texture ne pourra que vous plaire…

Alain Lambert

Choisir le bon matériel dans la rue Armand Carrel*

Le matériel solide et pratique dans une rue romantique

La rue Armand Carrel* est une rue de 705 mètres de long et de 20 mètres de large qui traverse le haut de la rue Cavendish dans le quartier du Combat. Ses trottoirs sont assez larges et permettent de conduire un chien aisément jusqu’au romantique parc des Buttes Chaumont. Comme la vie d’Armand Carrel qui est mort à 36 ans, elle n’est pas sans danger car c’est une artère fluide qui permet aux scooters, voitures et camions de descendre jusqu’à l’avenue Jean Jaurès à fond les ballons. Une pratique périlleuse pour les enfants et les parents qui fréquentent la crèche, les deux écoles ou le lycée professionnel et qui doivent traverser ce que je surnomme le “passage de la mort qui tue”. Un passage piétons qu’il faut prendre avec ses enfants ou ses chiens avec les plus grandes précautions. C’est pourquoi, avant de faire de l’éducation canine dans cette voie, il faut choisir un matériel solide et pratique car la percussion d’un de ces bolides serait fatale pour votre animal.

Dans mon sac, pour partir en expédition dans la jungle urbaine, je prends :

  • Un collier solide avec une médaille
  • Un harnais
  • Une laisse de un mètre
  • Une laisse double pour les chiens difficiles
  • Un lasso
  • Une longe de 5 mètres
  • Une boite de récompenses
  • Un clicker
  • Une “cocorde” et une “baballe”
  • Une gamelle pliable
  • Une serviette de bains qui peut faire office de « tapis joyeux »
  • Une « boite à colère »
  • Des sacs à caca

 

*Armand Carrel (1800-1836) était un journaliste beau, passionné et prêt à mourir pour ses idées. Fondateur d’un journal républicain « le National », il a joué un rôle non négligeable dans la révolution de 1830 en publiant des articles contre le pouvoir restauré de Charles X. C’était l’incarnation du romantisme dans toute sa splendeur puisqu’à 36 ans, dans un duel au pistolet au bord du lac de Saint-Mandé, il prend une balle dans l’aine et meurt. Celui qui tua notre héros citoyen s’appelait Emile de Girardin. Il n’eut pas le bonheur posthume d’avoir une rue à son nom dans Paris mais il en eu une à Bordeaux. Il fut le premier à vendre des encarts publicitaires dans un quotidien. Des publicités qui permettaient de vendre deux fois moins cher l’abonnement à “La Presse”. son journal. C’est d’ailleurs cette raison qui le fâcha “à mort” avec le bel Armand Carrel. “Quel rapport avec les chiens ?” Me direz-vous. Et bien, pour lancer son affaire, le fameux Emile de Girardin s’inspira de James Gordon Bennett Senior qui fit exploser les ventes du New York Herald et qui inventa ce procédé, 4 ans plus tôt, aux États-Unis. “Et alors ? Point de toutou” ajouterez-vous, si vous lisez ces lignes jusqu’au bout. Gordon Bennett eut un fils, James Junior, en 1841. C’est celui là qui nous ramène aux chiens puisqu’il finança la création de la Fondation Gordon Bennett qui ouvrit le premier refuge de France à Gennevilliers en 1902. La culture, c’est pas beau ?

Alain Lambert

 

 

 

 

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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