« Tapis rouge »et « tapis gris » à la librairie (de l’Avenue Jean Jaurès)

Pour réussir l’éducation d’un chien, il faut qu’il se sente bien. Quoi de mieux qu’un bon tapis douillet pour commencer son entrainement? Dans mon appartement, mes chiens ont des coussins RED DINGO épais, solides et beaux mais lorsque je pars en vadrouille, je prends des tapis fins, colorés et faciles à laver pour travailler.

Pour me déplacer dans Paris avec mes chiens, je fais du vélo. De cette façon, Paris est beaucoup plus accessible et beaucoup plus beau. Dans mon parcours autour des Buttes Chaumont, je fais quelques arrêts intéressants. Pour faire progresser un chien, Paris est une ville formidable. Je peux aller avec lui au café et dans des endroits de plus en plus compliqués. Mon passage à la librairie Texture est bien utile pour mes entraînements, ça c’est sûr !

 

Le tapis rouge va me permettre de transférer un objet que le chien connait parfaitement dans un environnement nouveau. La librairie, il ne la connait pas mais ce morceau de tissu, il le connait bien. C’est une surface sur laquelle on est toujours récompensé et félicité. J’ai ainsi plusieurs tapis, un rouge, un noir, un jaune, un gris qui sont des petits emplacements où je récompense le chien en fonction de l’ordre que je lui ai donné. Les chiens perçoivent moins bien que nous les couleurs. Ce sont des prédateurs qui ont une vision crépusculaire et une excellente perception des mouvements; c’est pourquoi nos attitudes sont aussi importantes que la couleur et la texture du tapis.

Avec Easy, ma Royal Bourbon, ma règle de conduite est simple. A partir du moment où je dis “tapis rouge” je la félicite au moment précis où elle pose ses deux pattes avant sur le tissu (peu importe qu’elle soit assis debout ou couché). L’entrainement se termine quand je donne mon ordre libératoire “C’est fini!”

Et je recommence, cette exercice dans plein d’endroits différents…


La librairie Texture au 94 de l’Avenue Jean Jaurès à Paris

 Pour faire l’exercice du tapis, la librairie Texture avait un nom prédestiné. Elle est dirigée par une femme formidable Michèle Chadeisson qui a ouvert en 2008 ce commerce de livres unique dans cette avenue. Elle fait honneur à Jean Jaurès car on trouve dans sa librairie, une multitude d’ouvrages sur la condition ouvrière, la lutte des classes et l’histoire des luttes sociales. « Texture » est aussi un repère de gens d’esprit puisqu’elle recèle, en plus des centaines de romans français ou étrangers, une multitude de recueils de poésies, une discipline aussi importante que les ouvrages d’économie.  Les chiens bien éduqués y sont les bienvenus, autant que les enfants qui y trouveront dans ces étagères une multitudes de BD, de romans captivants et de livres jeunesse. Bref ! Parole de Lambert ! Texture ne pourra que vous plaire…

Alain Lambert

Choisir le bon matériel dans la rue Armand Carrel*

Le matériel solide et pratique dans une rue romantique

La rue Armand Carrel* est une rue de 705 mètres de long et de 20 mètres de large qui traverse le haut de la rue Cavendish dans le quartier du Combat. Ses trottoirs sont assez larges et permettent de conduire un chien aisément jusqu’au romantique parc des Buttes Chaumont. Comme la vie d’Armand Carrel qui est mort à 36 ans, elle n’est pas sans danger car c’est une artère fluide qui permet aux scooters, voitures et camions de descendre jusqu’à l’avenue Jean Jaurès à fond les ballons. Une pratique périlleuse pour les enfants et les parents qui fréquentent la crèche, les deux écoles ou le lycée professionnel et qui doivent traverser ce que je surnomme le “passage de la mort qui tue”. Un passage piétons qu’il faut prendre avec ses enfants ou ses chiens avec les plus grandes précautions. C’est pourquoi, avant de faire de l’éducation canine dans cette voie, il faut choisir un matériel solide et pratique car la percussion d’un de ces bolides serait fatale pour votre animal.

Dans mon sac, pour partir en expédition dans la jungle urbaine, je prends :

  • Un collier solide avec une médaille
  • Un harnais
  • Une laisse de un mètre
  • Une laisse double pour les chiens difficiles
  • Un lasso
  • Une longe de 5 mètres
  • Une boite de récompenses
  • Un clicker
  • Une “cocorde” et une “baballe”
  • Une gamelle pliable
  • Une serviette de bains qui peut faire office de « tapis joyeux »
  • Une « boite à colère »
  • Des sacs à caca

 

*Armand Carrel (1800-1836) était un journaliste beau, passionné et prêt à mourir pour ses idées. Fondateur d’un journal républicain « le National », il a joué un rôle non négligeable dans la révolution de 1830 en publiant des articles contre le pouvoir restauré de Charles X. C’était l’incarnation du romantisme dans toute sa splendeur puisqu’à 36 ans, dans un duel au pistolet au bord du lac de Saint-Mandé, il prend une balle dans l’aine et meurt. Celui qui tua notre héros citoyen s’appelait Emile de Girardin. Il n’eut pas le bonheur posthume d’avoir une rue à son nom dans Paris mais il en eu une à Bordeaux. Il fut le premier à vendre des encarts publicitaires dans un quotidien. Des publicités qui permettaient de vendre deux fois moins cher l’abonnement à “La Presse”. son journal. C’est d’ailleurs cette raison qui le fâcha “à mort” avec le bel Armand Carrel. “Quel rapport avec les chiens ?” Me direz-vous. Et bien, pour lancer son affaire, le fameux Emile de Girardin s’inspira de James Gordon Bennett Senior qui fit exploser les ventes du New York Herald et qui inventa ce procédé, 4 ans plus tôt, aux États-Unis. “Et alors ? Point de toutou” ajouterez-vous, si vous lisez ces lignes jusqu’au bout. Gordon Bennett eut un fils, James Junior, en 1841. C’est celui là qui nous ramène aux chiens puisqu’il finança la création de la Fondation Gordon Bennett qui ouvrit le premier refuge de France à Gennevilliers en 1902. La culture, c’est pas beau ?

Alain Lambert

 

 

 

 

Adopter un berger allemand

Le berger allemand est un des chiens les plus connus au monde. Même ceux qui ne connaissent rien à la cynophilie sont capables d’identifier sa morphologie. Ses oreilles droites et bien dressées, sa tête en forme de coin ni courte ni allongée, sa poitrine profonde, ses courbes obliques et la couleur noir et feu de ses poils court ou longs permettent de facilement le reconnaître. Sa corpulence (une taille de 55 à 65 cm au garrot et un poids de 22 à plus de 45 kilos) font de lui un chien impressionnant qui aura besoin d’entrainement. Le standard de la race le décrit comme un animal fidèle et obéissant mais c’est surtout sa bonne éducation qui conditionnera cette définition.

Dans les 260 refuges de la confédération on trouve de nombreux chiens de berger avec ou sans pedigree. On trouve également des mélanges incroyables qui ont vu passer un berger allemand dans leurs parentés. Mieux vaut éviter un discours catastrophiste ou élogieux sur les comportements de ces toutous car il y a autant de tempéraments différents que de chiens à adopter. Qu’il soit croisé ou non, plutôt que d’avoir une idée préconçue, passez du temps dans le refuge avec le chien qui vous aura plu. Sortez-le de sa cage et observez-le bien. Pour savoir s’il apprécie les enfants, les autres chiens, les chats ou s’il s’adaptera facilement à votre milieu de vie, écoutez avec attention les informations que pourront vous donner les agents animaliers. Ce sont eux qui, chaque jour, l’ont vu évoluer.

 

Adopter un Jack Russell

Comme son nom l’indique, le terrier du Révérend Jack Russell fait partie des chiens qui ont pour vocation première de mettre leurs nez dans la terre. De nombreuses races de chasseurs de renard sont issues de Grande-Bretagne comme le Jack Russell qui vient précisément du comté de Devon en Angleterre. En France, pendant plusieurs années, les autres terriers d’Outre-Manche : les terriers d’Ecosse des bouteilles de scotch, les cairn et les norwich plus ramassés, les bull terrier au crâne plat et au stop effacé, les welsh au poil de « fil de fer » ont été supplantés en nombre par les Jack, comme on les appelle. Aujourd’hui, on les trouve souvent en milieu urbain parce qu’ils ont un format qui s’y prête bien.

Le Jack Russell Terrier mesure de 25 à 30 cm et le Parson de 31 à 38 cm. Il a un poil lisse facile à entretenir ou un poil dur qu’il faut toiletter. Sa tête qui n’est pas écrasée et son corps robuste font de lui un sportif accompli quand il n’est pas trop nourri. Il doit selon son standard ne pas dépasser les 7 kilos.

Il y en a malheureusement de plus en plus dans les refuges car ceux qui ont acheté ce type de chien ne savent pas toujours canaliser cet animal tout terrain. On trouve également dans les 260 associations de la confédération, une multitude de petits terriers atypiques qui ont la particularité d’avoir un physique unique. Comme toujours, n’hésitez pas à poser des questions aux bénévoles et aux agents animaliers pour connaître le caractère du joli terrier que vous aurez repéré.

 

Protection animale et médiation animale sont-elles compatibles ?

La médiation animale est l’intervention d’un animal dans une relation thérapeutique ou sociale. Youyou et Easy, par exemple, sont deux chiennes issues de refuges de différentes SPA qui travaillent avec des enseignants, des éducateurs spécialisés ou du personnel médical.

La médiation est-elle compatible avec les principes de la protection animale ? Certains responsables d’associations s’opposent à cette pratique en arguant que l’homme doit être au service de l’animal et non l’animal au service de l’homme. Cette opposition n’a pas lieu d’être car la présence de chiens dans des endroits comme l’école, les hôpitaux ou les institutions spécialisées est une bonne chose pour plaider la cause animale et faire aimer les animaux.

Dans les villes où la présence animale est moins prégnante, les chiens médiateurs sont une bouffée d’air dans l’espace publique qui ressemble de plus en plus à une carte postale géante sans animalité. En 2018, à l’occasion du colloque « Animaux Animômes », Marie-Claude Lebret, la fondatrice d’Handichiens, nous a donné sa définition de la médiation animale :

« La médiation animale, pour moi, c’est la rencontre entre un animal, par exemple un chien, et un bénéficiaire et surtout pour apporter du lien, apporter du bien-être et surtout une notion de plaisir mais la médiation doit être faite en respectant des règles, des règles de sécurité par rapport à l’animal, respecter le bien-être de l’animal et surtout bien connaître les bénéficiaires à qui ont présente un animal »

Adopter un chien dans un refuge et l’éduquer pour créer du lien c’est une façon qui permet de rendre compatible la médiation et la protection animale.

FAUT-IL MANIFESTER POUR LA DÉFENSE DE L’ANIMAL ?

La manifestation est un acte politique puisqu’elle a pour objet de faire pression sur les institutions. En 2018, La confédération a ainsi manifesté avec de nombreuses autres associations. Pourtant, il est légitime de se poser la question : Est-ce le rôle d’une association de protection animale de manifester ? Lors du congrès de la Confédération, Janine Vogler, Présidente du refuge d’Arthaz, nous a raconté comment, en 1965, la manifestation des jeunes amis des animaux a permis de créer son premier refuge à Annemasse.

« Comme on était un club de jeunes amis des animaux, les gens se sont mis à emmener des animaux au lycée d’Annemasse « madame, on a trouvé un oiseau, on a trouvé ci, on a trouvé ça… » et un jour, on nous emmène un pauvre caniche couvert de gale… sans poil… je l’emmène chez le véto… il nous dit qu’il ne faut absolument pas qu’il soit avec d’autres chiens… il est contagieux…donc il a euthanasié le chien. Évidemment, les jeunes amis des animaux étaient furieux parce que si la mairie d’Annemasse avait une fourrière et un refuge, on aurait pu soigner cet animal. Alors ils ont dit : « On fait une manif ! » vite fait, bien fait, ils ont bricolé une espèce de brancard, des panneaux… Ils ont appelé la télé… Alors on a bloqué toute la circulation. Je me suis retrouvé au commissariat de police mais la fille du commissaire était membre des jeunes amis des animaux… Le commissaire m’a dit : « Allez vite arrêter vos troupes parce que je veux que la circulation se fasse. Lundi, je parle au Maire »… et le lundi j’avais le terrain ! »

 

Mais la défense de l’animal ne s’arrête pas au niveau local. Elle concerne aussi les réglementations départementales, régionales, nationales et mondiales. A l’heure où les espèces d’animaux disparaissent à foison, il est essentiel de répondre à cette question : faut-il politiser la défense de l’animal ? Au congrès de la confédération, Aurélien Barrau nous a donné son opinion :

« La question qui me semble importante, c’est celle de savoir s’il faut politiser la question animale. Alors comme on le sait, c’est une question vaste parce que « politique » a beaucoup de sens différents. En grec, on peut évoquer « politeia » c’est la structure de fonctionnement, c’est l’institution. On peut évoquer « politikos » qui est vraiment l’organisation humaine de la cité et « politikè » qui est la pratique du pouvoir. Tout cela ce sont des catégories, une taxonomie, qui sont très utiles pour penser mais vous voyez que c’est extrêmement anthropocentré (qui place l’être humain au centre de toute chose). Je crois que la question qui se pose à nous c’est celle d’un chantier absolument gigantesque qu’on ne peut aborder qu’en revoyant nos vieilles catégories et nos moyens de penser qui ne sont pas adaptées à l’immensité de la question animale à laquelle nous commençons tout juste à faire face.

Et d’ailleurs ça se voit par cette espèce de réaction souvent antagoniste, parfois agacée, de temps en temps angoissée d’un certain nombre d’intellectuels dés lors que la question du bien-être, de la valeur, du droit, de la conscience des animaux est abordée comme s’il fallait à tous prix maintenir cette frontière qui fut pendant plusieurs dizaines de siècles érigée entre nous et ces authentiques alter ego que constituent en réalité les animaux. »

A suivre…

Adopter un labrador

Le labrador est une race de chien très à la mode à la campagne comme en milieu urbain. Il est facile à reconnaître avec sa tête ronde, ses oreilles tombantes, sa grosse truffe, ses yeux marrons et sa queue épaisse. Il a un pelage court noir, jaune ou chocolat avec un sous-poil résistant. C’est un chien puissant qui pèse une trentaine de kilos. Il est grand puisqu’il peut mesurer jusqu’à 57 centimétres au garrot.

Dans les 260 refuges de la confédération les labradors ne manquent pas.. Aujourd’hui, dans celui de Caubeyres, dans le Tarn et Garonne, Lotus fait le beau lors d’une séance photo pour trouver un nouveau maître. Qu’il soit croisé ou avec un pedigree, le labrador est un animal facile à trouver. Dans chaque refuge de la confédération, il y en a souvent plusieurs à adopter.

Nérée, quand à lui, a trouvé une famille depuis longtemps car il est très sociable. Aujourd’hui, il est très utile à sa maîtresse dans son travail d’orthophoniste.

L’engouement pour cette race ne faiblit pas vraiment car le travail de chien médiateur ou de chien guide donne au labrador une image très positive.

Cela ne veut pas dire pour autant que tous les labradors ont des dispositions pour faire de la médiation. Le labrador fait parfois les frais de sa trop bonne réputation. Ce n’est pas parce que vous adoptez un labrador qu’il sera plus facile à la maison. Chaque chien a sa personnalité, il faut qu’il soit bien sociabilisé et il faut lui donner une bonne éducation. N’hésitez donc pas à demander conseil aux agents animaliers pour connaître le caractère et le tempérament du chien que vous voulez adopter qu’il soit labrador ou non.

Comment travailler dans un refuge ?

1- LES BENEVOLES

Faire du bénévolat, c’est à dire apporter son aide sans être rémunéré est une belle idée à condition d’avoir du temps et un minimum de moyens financiers. C’est pourquoi, les bénévoles sont souvent des moins de 29 ans : des étudiants.

Dans les 260 refuges de la confédération, il y a aussi un grand nombre de retraités qui montrent, chaque jour, qu’il n’y a pas d’âge légal pour faire preuve d’utilité.

On y trouve également des personnes en activité qui prennent sur leurs repos et leurs loisirs pour aider les refuges ou les administrer.

Dans nos associations de protection animale, il n’y a qu’une infime minorité de rentiers car il n’est pas donner à tout le monde d’avoir de l’argent sans travailler.

C’est pourquoi, il vous est peut être venu l’idée d’être salarié dans une association pour vivre de votre passion des animaux ?

2. LES AGENTS D’ACCUEIL

Il vous est peut être venu l’idée d’être salarié dans un refuge pour vivre à plein temps votre passion des animaux ?

Attention! Avant de laisser tomber votre métier pour vous occuper de chiens, de chats ou de chevaux. Prenez garde à ne pas idéaliser votre « futur boulot » !

Comme le dit parfaitement Marie Cécile Guérin du refuge ASPAC de Châtelaillon :

« On est entouré de gens qui sont dans la sensiblerie, dans l’affectif. Cela ne nous aide pas à sauver les animaux ! Il faut s’en occuper le mieux possible mais rester les pieds sur terre ! »

Avant de vous lancer, commencez par faire quelques jours de bénévolat pour savoir si ce que vous imaginez d’un refuge correspond à une réalité ou pas.

Dans les 260 refuges de la confédération il y a plus de 1200 salariés.

Il y a d’abord des agents d’accueil qui sont les premières personnes au contact des visiteurs. Ils informent les futurs adoptants et ceux qui souhaitent devenir familles d’accueil mais pas seulement…

il faut aussi gérer les abandons et les mauvais traitements.

L’accueil c’est un endroit éprouvant où les agents sont confrontés au meilleur comme au pire de la nature humaine.

Fréquemment, les agents peuvent trouver en arrivant au refuge des drôles de cadeaux : des caisses ou des sacs remplis de chatons ou des chiens attachés à un poteau.

C’est pourquoi, pour être agent d’accueil, il faut un moral en béton pour ne pas sombrer dans l’aigreur ou l’affliction…

LES AGENTS ANIMALIERS

En France, le métier d’agent de refuge est né en 1902 avec la Fondation Gordon Bennett à Gennevilliers. A l’époque, nettoyer des cages, nourrir et soigner des chiens et des chats était une activité peu considérée. C’était un travail exercé essentiellement par des hommes issus des couches populaires de la société.

Aujourd’hui, dans les refuges, ce sont les femmes qui constituent la majorité des agents animaliers. Pour cette nouvelle génération de salariés, se lever tôt, soigner les bêtes qu’il fasse très froid ou très chaud, être au refuge le week end, respecter des protocoles rigoureux et travailler au rythme de la nature sont des actes militants qui n’ont plus rien à voir avec les classes sociales.

Dans un monde de plus en plus urbanisé, travailler avec des animaux devient pour certains agents une sorte de retour au source, une nécessité.
En revanche, cette activité ne peut pas s’improviser. Pour être efficace, il faut être bien formé. Les agents animaliers doivent être de plus en plus polyvalents car ils ont des taches de plus en plus diversifiées.

Attentif, courageux, polyvalent et passionné voici les quatre qualités qui font un bon agent animalier.

Alain Lambert

Quel chien adopter dans un refuge ?

1- Prenez le temps de la réflexion avant d’adopter un nouveau compagnon !

Une photo et un descriptif sur internet ne suffisent pas pour réussir une adoption.

Il vaut mieux prendre le temps de vous rendre dans un des 260 refuges de la confédération pour trouver votre futur compagnon. Évidemment, voir tous ces chiens derrière des barreaux va surement vous toucher mais avant de laisser parler votre sensibilité, il ne faut pas se précipiter.

Prenez le temps de réfléchir, d’observer et de vous renseigner. Il faut absolument demander conseil à un agent animalier ou à un bénévole chevronné du refuge pour repérer le chien qui vous ira comme un gant. Cet agent va chercher à savoir quel animal adapter à vos conditions de vie. Il pourra vous orienter en vous donnant des éléments d’informations importants sur les chiens qu’il connaît bien. N’hésitez pas à revenir dans un refuge plusieurs fois avant de faire votre choix. Si vous avez déjà un chien, venez avec lui pour savoir comment il va réagir avec ce nouvel animal. Et lorsque vous aurez enfin adopté le chien qui vous a plus, il faudra encore de nombreuses heures à lui consacrer pour qu’il s’adapte à votre nouvel environnement. Il faudra aménager votre temps libre et passer pas mal de temps avant qu’il ne devienne le chien idéal…

2. L’âge du chien à adopter est en rapport avec l’activité que vous pourrez lui donner…

Ce n’est pas une honte de dire que lorsque l’on vieillit on a moins d’énergie. Ce principe s’applique aussi bien aux chiens qu’aux humains. Il ne faut pas l’oublier si vous pensez adopter un chiot ou un jeune chien. Pendant de nombreux mois, il va vous falloir lui apprendre des règles de conduite et donner beaucoup d’énergie dans l’apprentissage de sa nouvelle vie. C’est pourquoi, certains responsables de refuges ne souhaitent pas confier des chiots à des personnes très âgées. Sophie Carrière, Présidente de la SPA de Mornac près d’Angoulême, par exemple, nous explique le problème : « On a eu des retours de chiens confiés jeunes à des personnes âgées qui n’ont pas le temps, la force et la patience d’éduquer un chien et qui forcément va revenir à un moment donné. »

Que vous soyez vieux ou jeune, si vous préférez passer beaucoup de temps dans un canapé, plutôt que de gambader, mieux vaut prendre un chien âgé. Annie Benezech, la Présidente du refuge SPA de Montpellier l’explique très bien : « Le vieux chien, on a pas besoin de le promener trois heures par jour. Il va falloir le promener mais avec beaucoup moins de vivacité qu’un jeune chien. Un vieux chien a une psychologie de pépère tranquille. Il va être vite sociable avec son nouveau propriétaire comme s’il le connaissait depuis toujours. »

Comme toujours, n’hésitez pas à interroger les responsables des refuges qui connaissent bien leurs animaux. « Si on a des chiens plutôt tranquilles, on ne va pas les faire partir avec des gens sportifs. En revanche, certains de nos chiens ont besoin de courir. Il leur faut des propriétaires qui font de l’exercice » explique Ludivine Chapignac, administratrice du Refuge Saint-Roch à Valence. En fait, le secret d’une adoption réussie c’est l’activité. Il ne faut pas croire que le besoin d’exercice est lié à la taille. Certains petits chiens ont plus de vivacité que certains gros pépère et avoir un jardin ne changera rien à l’affaire. Pour le comprendre, il suffit de regarder Youyou. Malgré ces six kilos tout mouillés, elle a besoin de se dépenser. Chaque jour elle parcourt avec moi des kilomètres. N’oubliez donc pas, avant d’adopter un chien, de réfléchir à l’exercice que vous pourrez lui donner. C’est une condition indispensable à la réussite de votre adoption.

3. Combien ça coûte un chien de refuge ?

Peut être vous dites vous qu’en faisant une adoption vous allez trouver un chien « pas cher », une sorte de « chien d’occasion » ? Un cador en or qui vous donnera le moyen de faire des économies tout en faisant une bonne action ? Et pourquoi pas ? Le prix d’un chien de race vendu par un éleveur (de 500 à 4000 euros) peut faire peur en comparaison des frais d’adoption que vous demandera une des 260 associations de la Confédération.

Dans un refuge, comme celui de Châtellerault par exemple, on vous demandera 150 euros pour l’adoption d’un chien adulte (Les frais d’adoptions varient de 90 à 300 euros en fonction des refuges et des régions). C’est vraiment peu pour un animal vacciné en bonne santé, pucé et la plupart du temps stérilisé. Attention, toutefois, le coût d’un chien ne se limite pas à son prix d’acquisition. Il va falloir entretenir cet animal pendant plusieurs années. C’est pourquoi, même dans un refuge, on va chercher à savoir si vous avez des moyens financiers.

De 40 à 120 euros pour entretenir un cador !

Et l’argent, il va en falloir pour nourrir, soigner et donner de l’activité à votre nouveau protégé ! Selon Francoscopie qui étudie le mode de vie des Français, un chien coûte de 500 à 1300 euros par an à son propriétaire. D’un autre coté, à notre avis, ce n’est pas plus cher qu’un smartphone dernier cri qui a moins de sensibilité qu’un animal de compagnie.

4. Quel format de chien choisir ?

Pour bien choisir un chien dans un refuge, il faut se poser la question du format car il y a dans l’espèce canine une multitude de mensurations et d’origines. La sélection du chien n’est pas qu’une affaire de taille. Certaines races de chiens sont sujettes à des frais vétérinaires élevés. Il vaut mieux en être informé.

Avant d’adopter un chien, commencez par bien regarder son nez car, l’air de rien, le chien n’a que ça pour respirer. Joëlle Wermuth, Docteur Vétérinaire au refuge de Strasbourg nous l’explique :« les brachycéphales, les chiens qui ont un museau court et aplati ont souvent un voile du palais trop long, une sténose des narines, une trachée trop étroite. Ce sont des chiens qui, presque toujours, vont devoir être opérés pour élargir les narines et raccourcir le voile du palais. Cela va forcément entrainer des coûts ». Si vous le savez et que vous adorez les bouledogues ou les carlins, cela ne doit pas vous empêcher d’en adopter un.

Les yeux sont également à surveiller. Ce n’est pas parce que vous allez dans un refuge qu’il faut choisir un animal qui les a larmoyants. Certains chiens peuvent avoir des problèmes oculaires comme la keratite sèche qui vont générer des soins à vie. La scientifique nous explique les choses ainsi : « la kérato-conjonctivite sèche n’est pas lié forcément un problème de forme d’œil. Quand un chien a l’œil qui coule, qui a la sclère et les conjonctives rouges, il faut vérifier si il n’a pas ce type de pathologie »

Qu’ils aient des poils ou non, certains cadors ont la malchance d’avoir des problèmes de peau. Une pathologie génétique qui porte le joli nom d’atopie. Tous ces problèmes physiques, vous ne les verrez pas si vous prenez un chiot. L’avantage dans un refuge, c’est que les animaux ont fini leur croissance. « Le plus souvent, le chien, dans un refuge, est adopté adulte ce qui permet de savoir s’il a une dermatite atopique alors que c’est une chose que l’on ne sait pas chez un chiot de 2 mois que vous prendrez chez un éleveur » confirme Joëlle Wermuth. « L’avantage de prendre un chien adulte est de connaître son caractère. Le désavantage, bien sûr, c’est qu’il peut avoir souffert de mauvais comportements humains mais le plus souvent c’est positif. On voit à quel type d’animal on a à faire aussi bien au niveau santé qu’au niveau du comportement. »

Il n’y a pas que dans sa tête qu’un chien doit être équilibré. Les chiens disproportionnés ont tous la particularité de vieillir avec difficulté. Choisir un toutou qui a un enorme corps et des micros pattes c’est original mais parfois en vieillissant c’est plus embêtant. Pour conclure, la vétérinaire nous confie avec le sourire qu’ « avoir un chien très très long, c’est un peu comme avoir une table qui serait très longue avec des touts petits pieds. Si on la surcharge, elle va bien moins tenir… »

Alain Lambert

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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