Comment préparer son chien au déconfinement ?

Samedi 11 avril 2020 – Comment éviter l’hyper attachement ?

J’ai deux nouvelles à vous annoncer. Une bonne et une mauvaise. La bonne c’est que l’enfermement ne durera pas tout le temps. Nos chiens vont pouvoir bientôt se retrouver pour faire de longues courses folles dans les bois. La mauvaise c’est qu’il va y avoir un paquet de cadors qui vont aboyer, hurler et refaire les appartements après cet épisode de confinement.

  • Terminées les grandes promenades urbaines tout les jours de la semaine !
  • Au revoir, les grasses matinées dans le lit des parents !
  • Finies les horaires de bureau où l’on se faisait papouiller par un télétravailleur !
  • Aux oubliettes, les jeux sur demande avec les enfants jusqu’à point d’heure, c’était chouette !

Il n’y a qu’un moyen pour éviter le traumatisme qui guette votre chien après le confinement, ce que les spécialistes appellent l’hyper attachement. Gardez votre indépendance par rapport à votre loulou dès aujourd’hui et ne le laissez pas accaparer votre attention tout le temps.

Éloge de la neutralité bienveillante

C’est l’occasion pour moi de faire l’éloge de la neutralité et du code “c’est fini !” le commandement que j’utilise le plus dans l’éducation d’un chien. Il signifie au chien que je ne m’intéresse plus à lui. Pas la peine de me solliciter, j’ai autre chose à faire. Pas la peine de quémander, de me sauter dessus ou de poser des objets devant mes pieds. C’est seulement quand je lui demanderai quelque chose : au tapis, assis, va chercher qu’il y aura une véritable interaction avec moi. Mais quand je dis c’est fini, c’est bien fini ! Je deviens neutre avec lui car, chez les chiens, l’indifférence n’est pas une insulte mais un signe d’autonomie.

Cette attitude ne générera pas de traumatisme bien au contraire ce sera un repère formidable qui permettra de signifier à votre chien qu’il vit chez vous et non le contraire. N’oubliez jamais que s’il croit qu’il suffit d’aboyer ou de voler une paire de chaussettes pour vous attirer, après le confinement vous allez en baver !


Jeudi 16 avril 2020 – La Reine des canapés et des sachets de thé !

En me baladant sur le net, j’ai pu voir un article hallucinant sur l’importance d’occuper son chien pendant le confinement. La spécialiste interrogée par le Parisien conseille de « lui faire trouver des sachets de thé sous des coussins » ou de le faire sauter « au dessus de balai poser sur des tupperware »  ! J’hallucine ! Pour votre compagnon aujourd’hui le confinement ce n’est pas l’ennui, c’est le bonheur absolu ! Car le chien est un animal casanier qui adore rester à la maison pour observer ses humains. 24 h sur 24 avec les parents et les enfants ! Jamais votre chien n’aura eu l’occasion de s’occuper autant !

Vous rajoutez la-dessus une permissivité sans limite et une motivation humaine proche de celle du beurre fondu et vous obtenez une situation idéale pour créer le chaos, non pas pendant mais, après le confinement.

Les endroits en hauteur, tables, canapés et les lits doivent rester des endroits que vous maitrisez parfaitement. N’acceptez qu’il s’y installe a demeure. Ne les autorisez qu’avec parcimonie et quand vous serez dé-confinés et que vous reprendrez le travail, il se fera un plaisir de s’y installer comme un pacha en savourant la chance de prendre enfin votre place quand vous n’êtes pas là. Ce sera beaucoup mieux que de dévaster votre appartement. N’est-ce pas ?


Mardi 28 avril 2020 – Rythme et durée de la promenade !

Pendant cette période de coronavirus, je fais régulièrement la promenade d’Orus. Ce berger australien n’est pas mon chien mais celui d’Aline une jeune infirmière de la rue Cavendish qui se bat courageusement au service de réanimation de l’hôpital Rothschild.  Nous l’applaudissons le soir à 20 heures pour la remercier elle et tous les personnels de santé.

Pour faire son entrainement , je fais un maximum d’exercices en un minimum de temps. Le début de la promenade est un moment important où je vais lui demander de respecter mon rythme de déplacement pendant 45 minutes.

La première séquence est le passage de porte où je lui apprends à sortir derrière moi. Aucun ordre n’est nécessaire car c’est une règle permanente.

Il est suivi par une marche au pied à droite sur le trottoir de gauche. Je le conduis à mon allure vers le caniveau pour qu’il fasse son premier grand pipi du matin. Mon déplacement est linéaire, je choisis les trajectoires à suivre et la vitesse de déplacement dans cette première partie de la promenade. Je n’autorise pas qu’il zigzague devant moi pour marquer sur les murs, les poubelles ou les corbeilles de rue.

Je reprends ensuite ma marche à droite jusqu’à l’arrêt au passage piéton.

Ensuite, je lui demande de passer derrière moi pour se positionner à gauche sur le trottoir d’en face.  puis d’aller faire son gros besoin dans le caniveau en prenant soin de ramasser évidemment. Je vais ensuite lui demander pas mal d’attention pour passer un double passage piétons. Ce sera après cette première étape où j’impose mon tempo que je vais autoriser des moments de liberté. Ce qu’il trouvera beaucoup plus rigolo.


Dimanche 3 mai 2020 – L’obéissance à distance

Dans la deuxième partie de mon parcours, j’entraine Orus avec des exercices à distance.

J’ose à peine le dire, mais cette période de confinement est une bénédiction pour entrainer son chien. Chaque mètre parcouru en marchant se fait sans danger. Quasiment pas d’automobiles ou de scooters dans les trajectoires, pas de foule ou peu de trottinettes électriques sur les trottoirs. Nous pourrons dire que nous avons vécu ce qu’aucun Parisien, depuis au moins 100 ans, n’a connu : 2 mois ininterrompus à un rythme lent propice à l’observation et à l’éducation. A Paris, s’il n’y avait pas cette cochonnerie de virus ce ne serait pas l’enfer mais presque le paradis.

Pour travailler à distance, j’utilise le makaton. C’est une langue des signes utilisée dans les institutions qui aident les personnes qui ont des difficultés de communication.

Voici, par exemple, comment je demande ASSIS et DEBOUT à Orus. L’utilisation des plots qui jalonne le parcours me permet de savoir si les pattes avant restent bien à l’endroit où était le chien quand j’ai donné mon commandement.

Chaque séquence se termine toujours par l’ordre CEST FINI qui permet à mon chien de savoir qu’il peut démarrer à sa guise.

Dans quelques jours la frénésie va revenir et l’entrainement se fera dans un espace surchargé avec beaucoup plus de personnes pressés, de véhicules trop rapides et d’incivilités.

Serons-nous assez sage pour ralentir notre fonctionnement et prendre encore le temps de vivre calmement avec nos familles et nos animaux ?

 

 

 

Dans quelques jours la frénésie va repartir et l’entrainement se fera dans un espace surchargé avec beaucoup plus de désagréments c’est pourquoi il faut profiter pleinement de ce moment pour parfaire l’éducation de mon chien.

 

A bientôt

 

Alain Lambert



 

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