L’adoption est-elle une pratique en voie de disparition ?

La révolution numérique a fait exploser l’achat des chiots de races « Un animal n’est pas un objet ! Ne l’achetez pas, adoptez le ! » ce slogan utilisé par la SPA de Paris au début des années 2000 a pris un très gros coup de vieux depuis la révolution numérique.

AnimalObjetSPA

Depuis l’avènement d’internet jamais les chiens n’ont été autant achetés. Les organisations de protection animale auront beau expliquer qu’elles ont permis la reconnaissance de l’animal domestique par la loi française comme « un être doué de sensibilité », elles n’ont pas pu empêcher le réseau informatique mondial d’accentuer la marchandisation des animaux de compagnie. La lecture des statistiques est sans appel, les animaux domestiques sont toujours plus des produits marchands. Ce sont, plus que jamais, des biens qu’on achète grâce à la contribution commerciale des moteurs de recherches. Le modèle sur lequel sont construits ces outils informatiques n’est pas philanthropique, c’est un système économique qui privilégie la vente et la marchandisation planétaire. En matière de chien, La grande gagnante de la révolution numérique est la Société Centrale Canine. Elle faisait vendre péniblement cinquante-deux mille chiots de races en 1972 alors qu’il y avait presque 11 millions de chiens à l’époque. En 2017, Elle a explosé les compteurs de ventes de chiots de races avec 235 312 chiots Lof vendus alors qu’il n’y avait plus que 7 millions de chiens dans le pays. En 2006, elle a lancé une plate-forme internet qui permet de savoir en quelques instants où trouver et acheter un chiot de race dans toute la France.

Quand mes parents ont adopté mon premier chien en 1972, il existait un peu plus de 120 races, aujourd’hui la Société Centrale Canine en propose plus de 300. A l’époque, les bergers blancs suisses, les terriers Jack Russell, les bergers australiens ou les cane corso et bien d’autres races actuelles étaient totalement inconnus. Et pour ce qui est des races déjà connues à l’époque, l’ascension a été fulgurante. En 1972, 179 chiots bouledogues français étaient vendus par les éleveurs certifiés par la SCC. En 1999, un peu plus de mille et en 2016, six fois plus avec 6508 chiots vendus avec certificats de naissance. 5 shibainu étaient vendus en 1972, 93 en 1999 et 1086 en 2017. Autre exemple, 124 staffie étaient vendus en 1999 et 83 fois plus en 2017 avec 10 014 chiots… Et pendant que les éleveurs de la Société Centrale Canine font un carton, les refuges peinent à faire des adoptions ! Nous en parlerons un prochaine article…

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