Protection animale et médiation animale sont-elles compatibles ?

La médiation animale est l’intervention d’un animal dans une relation thérapeutique ou sociale. Youyou et Easy, par exemple, sont deux chiennes issues de refuges de différentes SPA qui travaillent avec des enseignants, des éducateurs spécialisés ou du personnel médical.

La médiation est-elle compatible avec les principes de la protection animale ? Certains responsables d’associations s’opposent à cette pratique en arguant que l’homme doit être au service de l’animal et non l’animal au service de l’homme. Cette opposition n’a pas lieu d’être car la présence de chiens dans des endroits comme l’école, les hôpitaux ou les institutions spécialisées est une bonne chose pour plaider la cause animale et faire aimer les animaux.

Dans les villes où la présence animale est moins prégnante, les chiens médiateurs sont une bouffée d’air dans l’espace publique qui ressemble de plus en plus à une carte postale géante sans animalité. En 2018, à l’occasion du colloque « Animaux Animômes », Marie-Claude Lebret, la fondatrice d’Handichiens, nous a donné sa définition de la médiation animale :

« La médiation animale, pour moi, c’est la rencontre entre un animal, par exemple un chien, et un bénéficiaire et surtout pour apporter du lien, apporter du bien-être et surtout une notion de plaisir mais la médiation doit être faite en respectant des règles, des règles de sécurité par rapport à l’animal, respecter le bien-être de l’animal et surtout bien connaître les bénéficiaires à qui ont présente un animal »

Adopter un chien dans un refuge et l’éduquer pour créer du lien c’est une façon qui permet de rendre compatible la médiation et la protection animale.

FAUT-IL MANIFESTER POUR LA DÉFENSE DE L’ANIMAL ?

La manifestation est un acte politique puisqu’elle a pour objet de faire pression sur les institutions. En 2018, La confédération a ainsi manifesté avec de nombreuses autres associations. Pourtant, il est légitime de se poser la question : Est-ce le rôle d’une association de protection animale de manifester ? Lors du congrès de la Confédération, Janine Vogler, Présidente du refuge d’Arthaz, nous a raconté comment, en 1965, la manifestation des jeunes amis des animaux a permis de créer son premier refuge à Annemasse.

« Comme on était un club de jeunes amis des animaux, les gens se sont mis à emmener des animaux au lycée d’Annemasse « madame, on a trouvé un oiseau, on a trouvé ci, on a trouvé ça… » et un jour, on nous emmène un pauvre caniche couvert de gale… sans poil… je l’emmène chez le véto… il nous dit qu’il ne faut absolument pas qu’il soit avec d’autres chiens… il est contagieux…donc il a euthanasié le chien. Évidemment, les jeunes amis des animaux étaient furieux parce que si la mairie d’Annemasse avait une fourrière et un refuge, on aurait pu soigner cet animal. Alors ils ont dit : « On fait une manif ! » vite fait, bien fait, ils ont bricolé une espèce de brancard, des panneaux… Ils ont appelé la télé… Alors on a bloqué toute la circulation. Je me suis retrouvé au commissariat de police mais la fille du commissaire était membre des jeunes amis des animaux… Le commissaire m’a dit : « Allez vite arrêter vos troupes parce que je veux que la circulation se fasse. Lundi, je parle au Maire »… et le lundi j’avais le terrain ! »

 

Mais la défense de l’animal ne s’arrête pas au niveau local. Elle concerne aussi les réglementations départementales, régionales, nationales et mondiales. A l’heure où les espèces d’animaux disparaissent à foison, il est essentiel de répondre à cette question : faut-il politiser la défense de l’animal ? Au congrès de la confédération, Aurélien Barrau nous a donné son opinion :

« La question qui me semble importante, c’est celle de savoir s’il faut politiser la question animale. Alors comme on le sait, c’est une question vaste parce que « politique » a beaucoup de sens différents. En grec, on peut évoquer « politeia » c’est la structure de fonctionnement, c’est l’institution. On peut évoquer « politikos » qui est vraiment l’organisation humaine de la cité et « politikè » qui est la pratique du pouvoir. Tout cela ce sont des catégories, une taxonomie, qui sont très utiles pour penser mais vous voyez que c’est extrêmement anthropocentré (qui place l’être humain au centre de toute chose). Je crois que la question qui se pose à nous c’est celle d’un chantier absolument gigantesque qu’on ne peut aborder qu’en revoyant nos vieilles catégories et nos moyens de penser qui ne sont pas adaptées à l’immensité de la question animale à laquelle nous commençons tout juste à faire face.

Et d’ailleurs ça se voit par cette espèce de réaction souvent antagoniste, parfois agacée, de temps en temps angoissée d’un certain nombre d’intellectuels dés lors que la question du bien-être, de la valeur, du droit, de la conscience des animaux est abordée comme s’il fallait à tous prix maintenir cette frontière qui fut pendant plusieurs dizaines de siècles érigée entre nous et ces authentiques alter ego que constituent en réalité les animaux. »

A suivre…

Comment travailler dans un refuge ?

1- LES BENEVOLES

Faire du bénévolat, c’est à dire apporter son aide sans être rémunéré est une belle idée à condition d’avoir du temps et un minimum de moyens financiers. C’est pourquoi, les bénévoles sont souvent des moins de 29 ans : des étudiants.

Dans les 260 refuges de la confédération, il y a aussi un grand nombre de retraités qui montrent, chaque jour, qu’il n’y a pas d’âge légal pour faire preuve d’utilité.

On y trouve également des personnes en activité qui prennent sur leurs repos et leurs loisirs pour aider les refuges ou les administrer.

Dans nos associations de protection animale, il n’y a qu’une infime minorité de rentiers car il n’est pas donner à tout le monde d’avoir de l’argent sans travailler.

C’est pourquoi, il vous est peut être venu l’idée d’être salarié dans une association pour vivre de votre passion des animaux ?

2. LES AGENTS D’ACCUEIL

Il vous est peut être venu l’idée d’être salarié dans un refuge pour vivre à plein temps votre passion des animaux ?

Attention! Avant de laisser tomber votre métier pour vous occuper de chiens, de chats ou de chevaux. Prenez garde à ne pas idéaliser votre « futur boulot » !

Comme le dit parfaitement Marie Cécile Guérin du refuge ASPAC de Châtelaillon :

« On est entouré de gens qui sont dans la sensiblerie, dans l’affectif. Cela ne nous aide pas à sauver les animaux ! Il faut s’en occuper le mieux possible mais rester les pieds sur terre ! »

Avant de vous lancer, commencez par faire quelques jours de bénévolat pour savoir si ce que vous imaginez d’un refuge correspond à une réalité ou pas.

Dans les 260 refuges de la confédération il y a plus de 1200 salariés.

Il y a d’abord des agents d’accueil qui sont les premières personnes au contact des visiteurs. Ils informent les futurs adoptants et ceux qui souhaitent devenir familles d’accueil mais pas seulement…

il faut aussi gérer les abandons et les mauvais traitements.

L’accueil c’est un endroit éprouvant où les agents sont confrontés au meilleur comme au pire de la nature humaine.

Fréquemment, les agents peuvent trouver en arrivant au refuge des drôles de cadeaux : des caisses ou des sacs remplis de chatons ou des chiens attachés à un poteau.

C’est pourquoi, pour être agent d’accueil, il faut un moral en béton pour ne pas sombrer dans l’aigreur ou l’affliction…

LES AGENTS ANIMALIERS

En France, le métier d’agent de refuge est né en 1902 avec la Fondation Gordon Bennett à Gennevilliers. A l’époque, nettoyer des cages, nourrir et soigner des chiens et des chats était une activité peu considérée. C’était un travail exercé essentiellement par des hommes issus des couches populaires de la société.

Aujourd’hui, dans les refuges, ce sont les femmes qui constituent la majorité des agents animaliers. Pour cette nouvelle génération de salariés, se lever tôt, soigner les bêtes qu’il fasse très froid ou très chaud, être au refuge le week end, respecter des protocoles rigoureux et travailler au rythme de la nature sont des actes militants qui n’ont plus rien à voir avec les classes sociales.

Dans un monde de plus en plus urbanisé, travailler avec des animaux devient pour certains agents une sorte de retour au source, une nécessité.
En revanche, cette activité ne peut pas s’improviser. Pour être efficace, il faut être bien formé. Les agents animaliers doivent être de plus en plus polyvalents car ils ont des taches de plus en plus diversifiées.

Attentif, courageux, polyvalent et passionné voici les quatre qualités qui font un bon agent animalier.

Alain Lambert

Quel chien adopter dans un refuge ?

1- Prenez le temps de la réflexion avant d’adopter un nouveau compagnon !

Une photo et un descriptif sur internet ne suffisent pas pour réussir une adoption.

Il vaut mieux prendre le temps de vous rendre dans un des 260 refuges de la confédération pour trouver votre futur compagnon. Évidemment, voir tous ces chiens derrière des barreaux va surement vous toucher mais avant de laisser parler votre sensibilité, il ne faut pas se précipiter.

Prenez le temps de réfléchir, d’observer et de vous renseigner. Il faut absolument demander conseil à un agent animalier ou à un bénévole chevronné du refuge pour repérer le chien qui vous ira comme un gant. Cet agent va chercher à savoir quel animal adapter à vos conditions de vie. Il pourra vous orienter en vous donnant des éléments d’informations importants sur les chiens qu’il connaît bien. N’hésitez pas à revenir dans un refuge plusieurs fois avant de faire votre choix. Si vous avez déjà un chien, venez avec lui pour savoir comment il va réagir avec ce nouvel animal. Et lorsque vous aurez enfin adopté le chien qui vous a plus, il faudra encore de nombreuses heures à lui consacrer pour qu’il s’adapte à votre nouvel environnement. Il faudra aménager votre temps libre et passer pas mal de temps avant qu’il ne devienne le chien idéal…

2. L’âge du chien à adopter est en rapport avec l’activité que vous pourrez lui donner…

Ce n’est pas une honte de dire que lorsque l’on vieillit on a moins d’énergie. Ce principe s’applique aussi bien aux chiens qu’aux humains. Il ne faut pas l’oublier si vous pensez adopter un chiot ou un jeune chien. Pendant de nombreux mois, il va vous falloir lui apprendre des règles de conduite et donner beaucoup d’énergie dans l’apprentissage de sa nouvelle vie. C’est pourquoi, certains responsables de refuges ne souhaitent pas confier des chiots à des personnes très âgées. Sophie Carrière, Présidente de la SPA de Mornac près d’Angoulême, par exemple, nous explique le problème : « On a eu des retours de chiens confiés jeunes à des personnes âgées qui n’ont pas le temps, la force et la patience d’éduquer un chien et qui forcément va revenir à un moment donné. »

Que vous soyez vieux ou jeune, si vous préférez passer beaucoup de temps dans un canapé, plutôt que de gambader, mieux vaut prendre un chien âgé. Annie Benezech, la Présidente du refuge SPA de Montpellier l’explique très bien : « Le vieux chien, on a pas besoin de le promener trois heures par jour. Il va falloir le promener mais avec beaucoup moins de vivacité qu’un jeune chien. Un vieux chien a une psychologie de pépère tranquille. Il va être vite sociable avec son nouveau propriétaire comme s’il le connaissait depuis toujours. »

Comme toujours, n’hésitez pas à interroger les responsables des refuges qui connaissent bien leurs animaux. « Si on a des chiens plutôt tranquilles, on ne va pas les faire partir avec des gens sportifs. En revanche, certains de nos chiens ont besoin de courir. Il leur faut des propriétaires qui font de l’exercice » explique Ludivine Chapignac, administratrice du Refuge Saint-Roch à Valence. En fait, le secret d’une adoption réussie c’est l’activité. Il ne faut pas croire que le besoin d’exercice est lié à la taille. Certains petits chiens ont plus de vivacité que certains gros pépère et avoir un jardin ne changera rien à l’affaire. Pour le comprendre, il suffit de regarder Youyou. Malgré ces six kilos tout mouillés, elle a besoin de se dépenser. Chaque jour elle parcourt avec moi des kilomètres. N’oubliez donc pas, avant d’adopter un chien, de réfléchir à l’exercice que vous pourrez lui donner. C’est une condition indispensable à la réussite de votre adoption.

3. Combien ça coûte un chien de refuge ?

Peut être vous dites vous qu’en faisant une adoption vous allez trouver un chien « pas cher », une sorte de « chien d’occasion » ? Un cador en or qui vous donnera le moyen de faire des économies tout en faisant une bonne action ? Et pourquoi pas ? Le prix d’un chien de race vendu par un éleveur (de 500 à 4000 euros) peut faire peur en comparaison des frais d’adoption que vous demandera une des 260 associations de la Confédération.

Dans un refuge, comme celui de Châtellerault par exemple, on vous demandera 150 euros pour l’adoption d’un chien adulte (Les frais d’adoptions varient de 90 à 300 euros en fonction des refuges et des régions). C’est vraiment peu pour un animal vacciné en bonne santé, pucé et la plupart du temps stérilisé. Attention, toutefois, le coût d’un chien ne se limite pas à son prix d’acquisition. Il va falloir entretenir cet animal pendant plusieurs années. C’est pourquoi, même dans un refuge, on va chercher à savoir si vous avez des moyens financiers.

De 40 à 120 euros pour entretenir un cador !

Et l’argent, il va en falloir pour nourrir, soigner et donner de l’activité à votre nouveau protégé ! Selon Francoscopie qui étudie le mode de vie des Français, un chien coûte de 500 à 1300 euros par an à son propriétaire. D’un autre coté, à notre avis, ce n’est pas plus cher qu’un smartphone dernier cri qui a moins de sensibilité qu’un animal de compagnie.

4. Quel format de chien choisir ?

Pour bien choisir un chien dans un refuge, il faut se poser la question du format car il y a dans l’espèce canine une multitude de mensurations et d’origines. La sélection du chien n’est pas qu’une affaire de taille. Certaines races de chiens sont sujettes à des frais vétérinaires élevés. Il vaut mieux en être informé.

Avant d’adopter un chien, commencez par bien regarder son nez car, l’air de rien, le chien n’a que ça pour respirer. Joëlle Wermuth, Docteur Vétérinaire au refuge de Strasbourg nous l’explique :« les brachycéphales, les chiens qui ont un museau court et aplati ont souvent un voile du palais trop long, une sténose des narines, une trachée trop étroite. Ce sont des chiens qui, presque toujours, vont devoir être opérés pour élargir les narines et raccourcir le voile du palais. Cela va forcément entrainer des coûts ». Si vous le savez et que vous adorez les bouledogues ou les carlins, cela ne doit pas vous empêcher d’en adopter un.

Les yeux sont également à surveiller. Ce n’est pas parce que vous allez dans un refuge qu’il faut choisir un animal qui les a larmoyants. Certains chiens peuvent avoir des problèmes oculaires comme la keratite sèche qui vont générer des soins à vie. La scientifique nous explique les choses ainsi : « la kérato-conjonctivite sèche n’est pas lié forcément un problème de forme d’œil. Quand un chien a l’œil qui coule, qui a la sclère et les conjonctives rouges, il faut vérifier si il n’a pas ce type de pathologie »

Qu’ils aient des poils ou non, certains cadors ont la malchance d’avoir des problèmes de peau. Une pathologie génétique qui porte le joli nom d’atopie. Tous ces problèmes physiques, vous ne les verrez pas si vous prenez un chiot. L’avantage dans un refuge, c’est que les animaux ont fini leur croissance. « Le plus souvent, le chien, dans un refuge, est adopté adulte ce qui permet de savoir s’il a une dermatite atopique alors que c’est une chose que l’on ne sait pas chez un chiot de 2 mois que vous prendrez chez un éleveur » confirme Joëlle Wermuth. « L’avantage de prendre un chien adulte est de connaître son caractère. Le désavantage, bien sûr, c’est qu’il peut avoir souffert de mauvais comportements humains mais le plus souvent c’est positif. On voit à quel type d’animal on a à faire aussi bien au niveau santé qu’au niveau du comportement. »

Il n’y a pas que dans sa tête qu’un chien doit être équilibré. Les chiens disproportionnés ont tous la particularité de vieillir avec difficulté. Choisir un toutou qui a un enorme corps et des micros pattes c’est original mais parfois en vieillissant c’est plus embêtant. Pour conclure, la vétérinaire nous confie avec le sourire qu’ « avoir un chien très très long, c’est un peu comme avoir une table qui serait très longue avec des touts petits pieds. Si on la surcharge, elle va bien moins tenir… »

Alain Lambert

La médaille d’Honneur CNSPA pour Diesel !

Voici le discours d’Hervé Belardi (Vice Président de la CNSPA) lors de la remise de la médaille au maître chien du RAID conducteur de Diesel :

« 18 novembre 2015 au petit matin.

Le tourbillon des reportages ultra répétés des chaînes d’information permanente s’interrompt brusquement sur une actualité brûlante : à St Denis, une intervention du RAID, en relation avec les attentats de Paris de la semaine passée, est en cours.

Surprise, la presse n’a pu que récupérer les images tréssautantes d’une caméra amateure. Elles tournent en boucle et dévoilent une opération d’une rare intensité avec, en bruit de fond, des cris de surprise ou de peur.

…Et puis, soudain tout en bas des écrans, de manière presque indécente car tellement laconique, un bandeau apparaît : un chien d’assaut du RAID a perdu la vie.

Il s’appelait Diesel.

 

Dans une France « ko debout » depuis les attentats de Paris et du Bataclan 5 jours plus tôt, les réseaux sociaux sont à vif et s’enflamment immédiatement.

En quelques heures, la mort de Diesel éclipse l’actualité nationale et très vite, les presses étrangères s’emparent également de l’évènement et de l’émotion du peuple français pour ce chien d’assaut.

Qui étiez-vous donc Diesel, aussi nécessairement anonyme qu’extraordinaire de courage, d’abnégation et détermination.

Lorsque en 2009, le Centre National des Unités Canines de la Police Nationale vous recrute, c’est dans le but de vous former aux activités de pistage.

Mais le débourrage ne se révèle pas concluant, vous êtes beaucoup plus à l’aise dans le domaine des frappes musclées et du mordant. Diesel ne fait pas dans la dentelle…

Vous effectuez alors un stage de 3 mois pour apprendre le métier très particulier de chien de patrouille.

C’est là que vous êtes repéré pour vos aptitudes réellement très au-dessus de la moyenne.

Vous êtes naturellement testé pour devenir chien d’assaut au RAID, cette unité d’élite de la police nationale qui deviendra votre famille puisque, en 2010, alors que vous avez deux ans, vous devenez membre du RAID, l’école de l’exigence et de la rigueur pour les hommes et les chiens.

On vous qualifie volontiers de ON/OFF : tant à l’entrainement qu’en intervention, vous êtes très calme dans la colonne et, pendant les périodes d’attente, couché, à chercher la caresse…

…Mais dès que la tension monte, lorsque l’imminence de l’intervention surgit, vous êtes présent, ultra motivé, toujours silencieux et sous contrôle.

En 2011, J…, vous commencez à assurer les interventions avec Diesel et, durant plus de 4 années, vous formerez avec lui une équipe inaltérable.

Vous ne comptez plus ces permanences et astreintes, pas davantage ces promenades du matin, ces périodes d’alertes durant lesquelles, au fond d’un atelier désaffecté, dans un appartement vide, un véhicule ou une chambre d’hôtel, vous attendrez tous les deux le signal…

Vous ne comptez plus vos heures à vous entrainer avec Diesel, c’est-à-dire à poursuivre l’œuvre consistant à tailler le plus finement possible ce diamant brut pour que votre tandem se maintienne au rang de l’excellence, la seule arme réellement efficace contre l’échec.

A l’approche de l’hiver 2015, vous commencez juste à vous faire à ces quelques poils blancs au museau et qui annoncent la retraite prochaine de votre équipier.

Diesel va bientôt vous quitter pour une famille que vous connaissez bien et qui l’attend pour l’été 2016…

Cette nuit, J…, cette nuit durant laquelle votre chien vous a quitté, vous l’avez vu, le calme revenu après les longs échanges de tirs et grenades, partir,…

Vous l’avez peut-être suivi du regard tandis qu’il entrait dans une première pièce vide.

Vous l’avez vu s’élancer dans la deuxième pièce et vous avez entendu ces terribles coups de feu, ces grondements si caractéristiques du gros calibre en milieu confiné.

Elles seront longues ces secondes durant lesquelles, secrètement, dans cette ambiance tactique, vous espérerez le voir revenir vers vous, même en rampant.

Mais Diesel ne reviendra pas : victime du devoir, il aura donné sa vie pour épargner celle de ses collègues policiers mais aussi celle de gens comme nous tous, cibles potentielles de la barbarie ordinaire qui a transformé profondément notre pays…

J…, depuis maintenant presque 2 ans que nous sommes en contact, je sais que vous préférez l’air libre avec vos chiens plutôt que discourir en public.

Vous avez néanmoins tenu à être avec nous aujourd’hui tant il vous est apparu important de saluer la mémoire de votre camarade tombé en opération.

Croyez bien que nous vous en remercions très vivement.

Diesel, je vous connais maintenant si bien que je fais choix de te tutoyer… Puisque tu es parti vers un monde prétendument meilleur, tu as sans doute croisé bon nombre de ces héros à quatre pattes et peut-être même Moustache, le chien de l’armée napoléonienne avec qui tu dois sans doute partager la vedette au paradis…

Oh, bien sûr, une médaille ne te ramènera pas, mais au moins, à chaque fois que ton maître la regardera, il reverra tes yeux levés vers lui, ces yeux qui, sans cesse, guettaient l’approbation et la confirmation du travail bien fait.

Et qui sait si, comme le disait le poète :

«  Jour après jour il faut l’admettre,

Voir ceux qu’on aime disparaitre,

C’est ce qui fait vieillir trop tôt.

Au paradis des chiens, peut-être,

Ton long museau à la fenêtre,

Tu nous accueilleras bientôt. »

Au nom du président de la Confédération Nationale des SPA de France, nous te décernons la médaille d’honneur du Général de Grammont qui aura laissé son nom à la première loi sur la protection des animaux en 1850.

 Mais bien davantage que la protection animale, c’est aujourd’hui ton pays qui te remercie, s’incline et te salue avec un très profond respect. »

Hervé Belardi

Le refuge de la SPA de Lorient

Le refuge de la SPA de Lorient est tout simplement éblouissant. Il est situé à Larmor Plage dans un ancien casernement construit pendant la guerre par les allemands . En 1979, Sara Gourden décide de racheter le terrain ou le chenil est à l’abandon. Passionnée d’animaux, de jardins et de fleurs, elle transformera cet endroit un véritable petit coin de bonheur. N’oubliez pas pour autant de soutenir son association qui avec des bouts de ficelles réussit l’incroyable pari de concilier la protection animale avec la beauté d’une demeure. Ce refuge, membre de la CNSPA (Confédération Nationale des SPA – pas de la SPA de Paris), est habilité à recevoir des legs et des dons.

SPA de Lorient lieu-dit Kercavès
56260 Larmor-Plage
Téléphone : 02 97 33 70 90

Le refuge de la SPA de Nailly dans l’Yonne

Dans sa tournée des SPA, Alain Lambert, le « cycloreporter » passe par le refuge de Nailly dans l’ Yonne. Il y rencontre Colarie Chameroy ,une directrice jeune et volontaire qui dirige une équipe de 3 salariés et d’une dizaine de bénévoles dans un refuge qui peut accueillir 40 chiens et 30 chats.

Le refuge situé à Nailly au nord de l’Yonne est installé à coté d’un bois ce qui permet aux bénévoles de sortir les chiens facilement. Elle dispose pour recueillir les animaux d’une chatterie moderne et d’un chenil avec des courettes ainsi que de parcs de détente où les pensionnaires sont tous sortis au moins une fois par jour. A suivre sur le Journal de la Protection Animale (www.lejpa.com)

Un refuge vraiment pas si bêtes !

Par Alain Lambert

Pour faire fonctionner un refuge de protection animale, il ne suffit pas seulement d’être bienveillant il faut aussi être intelligent car une multitude de compétences sont nécessaires pour réussir à faire vivre dignement les animaux qui sont à la charge d’une association. Les responsables de l’association PAS SI BETES à Cutrelles l’ont parfaitement compris. L’association a été créée en 1985 par deux anciennes bénévoles de la SPA de Vaux le Penil qui voulaient donner un sort plus enviable aux vieux chiens et chats abandonnés de la région de Montereau et de Sens. L’association a très vite élargie ses objectifs. Aujourd’hui, elle accueille dans de très bonnes conditions non seulement des vieux animaux mais aussi des toutous et des matous abandonnés du département ainsi que des chiens créoles, des petits roumains, des chats et des chatons à foison. Dirigée par une équipe d’administratrices hors pair, elle permet aux 8 salariés et aux bénévoles de l’association d’assurer au mieux leurs missions. A sa tête Jeannette Bosquet la présidente a parfaitement compris les enjeux de la protection animale.

Dans cette première partie, rencontrez pour la première fois ce refuge formidable…

DANS QUEL REFUGE SPA FAUT IL ADOPTER UN ANIMAL ?

Comme Virginie, nous avons adopté nos chiens dans un refuge SPA.

Frisbee vient de la SPA de Gennevilliers.

Easy est venu de la SPA de la Réunion puis a été transféré à la SPA de Gien.

Youyou est une chienne que nous avons adoptée à la SPA d’Hermeray.

Dans le langage de tous les jours, SPA n’est pas un seulement un sigle, c’est un nom commun utilisé pour désigner un refuge de protection animale.

Il y a ainsi à peu près 400 refuges qui accueillent des animaux en France et s’appellent ou sont appelés SPA dans la commune ou le département dans lequel ils sont installés. Tout du moins jusqu’à maintenant car un grand nombre de ces refuges sont en danger ! La direction de la SPA de Paris tente, pour canaliser les dons et legs, de s’approprier ce nom à son seul usage exclusif. Elle a obtenu Un jugement du TGI de Paris en mars 2017 qui condamne les 260 associations de la Confédération Nationale des SPA répartis sur tout le pays pour « parasitisme ». La SPA de Paris ne gère pourtant que 56 refuges sur 40 départements. C’est pourquoi la CNSPA a fait appel du jugement.

Pour nous, les refuges, qu’ils s’appellent SPA ou non, ne sont pas des parasites !

Pour le démontrer, nous allons visiter en 2017 et 2018 le plus grand nombre de refuges pour montrer à quels points ces associations ont un rôle essentiel à jouer dans la protection des animaux… J’espère que vous nous suivrez pour savoir quel refuge il faut aider ou pour choisir un nouveau compagnon

 

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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